THÉBERGE, Jean-Yves. « Le plaisir du vin. L’Orpailleur, ses
vins et son Tire-Bouchon », Le Canada français, 19 septembre 2001,
p. C15.Le plaisir du vin
L’Orpailleur, ses vins et son Tire-Bouchon
par Jean-Yves ThébergeJ’avais organisé une rencontre, un
jeudi soir, entre un groupe d’amateurs de vins et Charles-Henri de Coussergues
qui est à la fois gérant du vignoble et un des propriétaires
de l’Orpailleur, le vignoble dont on parle le plus au Québec et
même à l’étranger. Un vignoble dont la qualité et
la diversité des produits ne cessent d’augmenter.
Après avoir jeté un coup d’œil aux rangées de
vignes chargées de raisins en ce début de septembre, nous avons
goûté à la plupart des vins de la maison. D’abord le
blanc, L’Orpailleur 2000 fait uniquement de seyval. C’est ce vin
qui a fait la renommée de la maison. Fruité (pommes, pêches)
et floral au nez avec une pointe de miel, il est sec, frais, équilibré en
bouche avec un certain gras. C’est un vin souple, franc de goût,
d’une belle longueur et qui laisse un brin de sel en fin de bouche; un
goût qui viendrait des cailloux dont le sol est parsemé; 10,95 $.
Une partie de ce vin est élevé en fûts de chêne pendant
près de deux mois. Cela lui donne de la rondeur et de la complexité;
14,95 $.
Le rosé de l’Orpailleur en est un de saignée; ce qui veut
dire que seul une partie du jus laissé en macération pendant quelques
heures avec toute la matière du raisin est utilisée. Il a un nez
fin et délicat de fleurs. Un brin perlant en bouche, il est équilibré,
souple avec du fruit et un côté charmeur; 11,95 $.
Le rouge, que Charles-Henri de Coussergues fait parce que les clients en demandent,
a un nez de framboises sauvages, d’épices (poivre), de cerises noires
et de fumée. Souple, fruité, bien fait, il a des tanins fins et
une belle longueur; 12,95 $.
Le vin le plus étonnant est La Part des anges. Il s’agit d’une
mistelle (du jus de raisins auquel on a jouté de l’alcool) qui vieillit
pendant au moins six ans dans des bonbonnes de verre à l’extérieur,
hiver comme été. Cela donne, dans le cas de celui de 1993, un vin
légèrement oxydé avec des senteurs de pruneaux et de torréfaction.
En bouche, le fruit est encore bien présent avec de belles saveurs et
du gras. Un vin complexe et original; 12 $.
Le vin de glace québécois, fait de vidal, a souvent plus de caractères
que celui que l’on produit en Ontario. Un taux d’acidité assez élevé assure
un équilibre au pourcentage de sucre que contient ce vin. En 2000, l’Orpailleur
a produit un vin plein de fruits accompagnés de vanille et de miel. Complexe
en bouche, il a une attaque douce soutenue par une belle acidité. Fin,
très long, il se marie bien avec des biscottis; 27 $.
Puis il y a le Vin de la marquise, un apéritif ou un vin qui va bien avec
du chocolat noir. Fait de vin dans lequel on a fait macérer des fruits,
il est très parfumé au nez et il étonne en bouche avec ses
saveurs de fruits un peu sucrés. Rond et gras, il a beaucoup d’originalité et
une longueur plaisante; 19,95 $. À noter que la plupart de ces produits
se trouvent à l’épicerie des Halles.
L’Orpailleur, c’est aussi maintenant un économusée
dont la vocation est de faire connaître l’histoire du vin, ses techniques
de fabrication et de voir les installations de ce vignoble. Et maintenant, on
y trouve aussi un excellent restaurant, le Tire-bouchon
qui met l’accent
sur les produits de la vigne et du terroir. On réserve en téléphonant
au (450) 295-3335.