Le guide du vin 2000, Michel Phaneuf
Les Éditions de l’Homme
446 pages
Québec (pages 314-315)
Il y a 20 ans, quel Québécois aurait cru possible de fouler le vignoble et de boire le vin du vigneron sans avoir à subir les affres des longs voyages et des décalages horaires ?
Aujourd’hui, pourtant, il suffit de prendre le volant ou même d’enfourcher sa bicyclette pour parcourir la route des vins québécois. D’accord, aucune chance en chemin de croiser des Meursault ou des Château Margaux. N’empêche qu’à force de persévérance, une poignée de vignerons ont réussi l’impossible : créer de toutes pièces une viticulture québécoise économiquement viable. Ainsi, la vigne semble désormais enracinée chez nous pour de bon. Au dernier recensement, elle couvrait près de 150 hectares ; de quoi produire 300 000 bouteilles par année. Évidemment, toutes ne sont pas d’égale qualité et il faut séparer le bon grain de l’ivraie.
Un tour du vignoble québécois s’amorce obligatoirement par Dunham. C’est dans ce coin des Cantons-de-Lest, entre Cowansville et la frontière américaine, que tout à commencé au début des années 80 avec la création du vignoble de l’Orpailleur. Encore aujourd’hui, le vin blanc sec de ce domaine de 15 hectares reste une référence. Frais, nerveux, discrètement aromatique, il illustre à merveille les vertus d’acclimatation du cépage seyval, une variété créée spécialement pour les climats froids comme le nôtre.
Même si le blanc de l’Orpailleur demeure le cheval de bataille du domaine (75 000 bouteilles par an), le viticulteur Charles-Henri de Coussergues et ses partenaires ont mis au point d’autres bonnes choses en cours de route.
Dernière création de l’Orpailleur, la Vendange de glace, version québécois du fameux Icewine, qui depuis 10 ans fait la gloire des vignerons du Niagara. L’astuce consiste ici à mettre à profit la froidure hivernale pour éliminer une bonne partie de l’eau du raisin. Le résultat est une sorte de sirop doux et concentré dont l’intensité aromatique et la richesse ont quelque chose d’étonnant.
La production de vins doux semble d’ailleurs une avenue prometteuse pour la viticulture québécoise. D’autres producteurs s’y adonnent avec un égal succès. C’est le cas de Victor Dietrich, un vigneron d’origine alsacienne installé à Iberville. Fidèle à ses origines, il joue la carte des fruits et des arômes, tout en laissant dans ses vins quelques grammes de sucre naturel afin de gommer leur acidité. Rustique, mais sympathique. Son morceau de bravoure est sa Sélection Impériale, un vin de glace élaboré avec des raisins cueillis par – 10°C et vendu en demi-bouteille de 375 ml au prix de … 45 $. On est loin du Québérac !!!
Quelques adresses
Les vignerons du Québec misent sur l’agrotourisme pour faire connaître leurs produits. Tous accueillent les visiteurs pendant l’été et pendant les vendanges. Certains, comme l’Orpailleur, offrent même une table champêtre ; les réservations sont recommandées.
L’Orpailleur : 1086, route 202, Dunham Tél : (450) 295-2763
Vignoble Dietrich-Jooss : 407, Grande-Ligne, Iberville Tél : (450) 347-6857
Vignoble Les Arpents de neige : 4042, rue Principale, Dunham Tél : (450) 295-3383
Vignoble Morou : 238R, route 221, Napierville Tél : (450) 245-7569
Le Cep d’Argent : 1257, chemin de la Rivière, Magog Tél : (819) 864-4441
Le Vignoble le Marathonien : 318, route 202, Havelock Tél : (450) 826-0522
Saviez-vous que… ?
L’association des vignerons du Québec présente ses 27 membres sur le net. Les vignes québécoises sont à votre portée ; naviguez à travers leur histoire, leur domaine et leurs produits.